Publié le · Mis à jour le · par l'équipe Électricien Val-de-Marne
Chauffe-eau électrique qui ne chauffe plus : électricien ou plombier ?
Plus d'eau chaude ? Contacteur heures creuses, disjoncteur, thermostat, résistance, sécurité thermique : comment repérer la cause et qui appeler.
Douche froide un matin : le chauffe-eau électrique a cessé de chauffer. La première question qui vient est rarement « pourquoi », mais plutôt « qui j'appelle ». Le chauffe-eau est à la frontière entre deux métiers : il contient de l'eau sous pression, ce qui relève du plombier, et il est alimenté par un circuit électrique dédié avec contacteur, thermostat et résistance, ce qui relève de l'électricien. Dans la majorité des cas, la panne est électrique et se situe entre le tableau et le ballon.
Cet article vous aide à repérer d'où vient le problème avec quelques vérifications simples, puis explique qui fait quoi. Si vous constatez en même temps une panne de courant plus large dans le logement, commencez par là : le chauffe-eau n'est alors qu'une conséquence.
Comprendre la chaîne qui va du tableau à l'eau chaude
Un chauffe-eau à accumulation classique (le « cumulus ») fonctionne de façon très simple. Un circuit dédié part du tableau électrique, protégé par un disjoncteur 20 A en 2,5 mm² ou 16 A selon la puissance. Sur la plupart des installations en heures creuses, ce circuit passe par un contacteur jour/nuit, lui-même piloté par un signal du compteur, et protégé par un petit disjoncteur 2 A. Le courant arrive ensuite au ballon, traverse un thermostat qui coupe quand l'eau atteint la température de consigne, puis alimente la résistance qui chauffe l'eau.
Une sécurité thermique, intégrée au thermostat, coupe définitivement si la température dépasse un seuil, en général autour de 90 °C, et doit être réarmée à la main.
Une panne d'eau chaude, c'est presque toujours un maillon de cette chaîne qui ne fait plus passer le courant. Le reste de l'article suit cet ordre, du tableau vers le ballon.
Les vérifications à faire vous-même, sans outil
Ces vérifications ne demandent ni démontage, ni contact avec des pièces sous tension. Elles éliminent les causes les plus fréquentes en quelques minutes.
Le contacteur heures creuses est-il en position auto ?
Sur le tableau, le contacteur jour/nuit est un module avec un petit bouton ou levier à trois positions : 0 (arrêt), Auto (chauffe pendant les heures creuses) et I (marche forcée). Si quelqu'un l'a mis sur 0, le ballon ne chauffe plus. S'il est sur Auto, mettez-le sur I : si le ballon se met à chauffer (on l'entend parfois, et l'eau revient au bout de deux à quatre heures), le ballon fonctionne et c'est le pilotage heures creuses qui pose problème.
Un contacteur qui bourdonne fort ou qui ne fait aucun « clac » quand on le passe en marche forcée est probablement grillé.
Le disjoncteur du chauffe-eau a-t-il sauté ?
Cherchez au tableau le disjoncteur étiqueté « chauffe-eau », « ballon » ou « ECS ». S'il est abaissé, remontez-le. S'il retombe immédiatement, ne le forcez pas : il y a un défaut d'isolement ou un court-circuit, très souvent sur la résistance. Vérifiez aussi le petit disjoncteur 2 A qui protège la bobine du contacteur : s'il est abaissé, le contacteur ne reçoit plus l'ordre de chauffer, même si le circuit principal est intact.
Le compteur envoie-t-il bien le signal heures creuses ?
Avec un compteur Linky, l'ordre heures creuses passe par un contact sec sur le compteur (bornes C1/C2), relié au contacteur. Si votre contrat a changé, ou si le compteur a été remplacé récemment sans que le raccordement soit refait, le contacteur ne reçoit plus le signal et le ballon ne chauffe plus qu'en marche forcée. Un indice : l'eau chaude a disparu juste après une intervention sur le compteur ou un changement de fournisseur.
Le ballon a-t-il déclenché sa sécurité thermique ?
Sous le capot plastique du chauffe-eau, à côté du thermostat, se trouve un petit bouton rouge de réarmement. S'il a sauté, le ballon est coupé jusqu'à ce qu'on l'enfonce. Coupez le disjoncteur du chauffe-eau avant d'ouvrir le capot. Si la sécurité saute à nouveau dans les jours qui suivent, c'est le signe d'un thermostat défaillant ou d'une résistance entartrée qui chauffe trop localement ; un réarmement ne suffira pas.
Les causes qui demandent un électricien
Quand les vérifications précédentes n'ont rien donné, ou quand un disjoncteur retombe, la panne est dans le circuit ou dans les organes électriques du ballon.
Le contacteur jour/nuit grillé
C'est la panne la plus fréquente sur les installations de plus de dix ans. Les contacts du contacteur s'usent à force de commuter chaque nuit sous 10 à 15 A. Il finit par ne plus coller, ou par rester collé (le ballon chauffe alors en permanence, ce qui se voit sur la facture). Le remplacement se fait au tableau, en quelques dizaines de minutes, sans toucher au ballon.
Le thermostat hors service
Le thermostat est un composant mécanique ou électronique qui vieillit. Quand il ne ferme plus le contact, la résistance ne reçoit rien. Quand il ne s'ouvre plus, l'eau surchauffe et la sécurité thermique coupe. L'électricien mesure la continuité du thermostat et le remplace par un modèle compatible avec la marque du ballon.
La résistance coupée ou en défaut d'isolement
Une résistance blindée, plongée directement dans l'eau, s'entartre et finit par claquer. Une résistance stéatite, placée dans un fourreau sec, dure plus longtemps mais peut aussi casser. Une résistance coupée ne chauffe plus ; une résistance en défaut fait sauter le différentiel 30 mA ou le disjoncteur. Le remplacement d'une résistance stéatite se fait sans vidanger. Pour une résistance blindée, il faut vidanger la cuve : c'est là que la frontière avec la plomberie se brouille, et beaucoup d'électriciens comme de plombiers le font.
Le circuit lui-même
Plus rarement, c'est la ligne entre le tableau et le ballon qui est en cause : borne desserrée dans la boîte de raccordement, fil brûlé sur le contacteur, câble abîmé. Une recherche de panne électrique avec mesure de tension à chaque étape localise le point de rupture. On rencontre souvent ce cas dans les petits logements de Villejuif ou de Cachan où le ballon a été raccordé sur une prise au lieu d'un circuit dédié.
Les causes qui demandent un plombier
Certains symptômes n'ont rien d'électrique, et il serait inutile de faire venir un électricien.
- Fuite au niveau du ballon : goutte au niveau de la bride, du groupe de sécurité ou de la cuve. Une cuve percée ne se répare pas, le ballon est à remplacer.
- Groupe de sécurité qui coule en continu : ce petit organe en laiton sous le ballon évacue la surpression pendant la chauffe ; un léger écoulement pendant la chauffe est normal, un écoulement permanent signale un groupe à changer ou une pression de réseau trop élevée.
- Eau tiède avec un ballon entartré : le calcaire accumulé au fond réduit le volume utile et isole la résistance. Un détartrage nécessite de vidanger et d'ouvrir la cuve.
- Eau chaude qui sent le soufre ou colorée : anode usée, corrosion de la cuve ; c'est un problème de plomberie et souvent un signe de fin de vie.
- Plus d'eau chaude après des travaux sur la plomberie : vanne fermée, mitigeur thermostatique bloqué, inversion eau chaude / eau froide.
Un chauffe-eau qui a plus de douze à quinze ans et qui cumule un défaut électrique et une cuve fatiguée sera souvent remplacé entièrement. Le remplacement complet peut être réalisé par l'un ou l'autre métier ; ce qui compte, c'est que le raccordement électrique soit refait sur un circuit dédié conforme et que la liaison équipotentielle des tuyaux soit assurée.
Qui appeler, en résumé
Pour vous aider à décider vite, voici un tableau de correspondance entre le symptôme et le bon interlocuteur.
| Symptôme | Cause probable | À appeler |
|---|---|---|
| Rien ne chauffe, disjoncteur remonté, contacteur en auto | Contacteur, signal heures creuses, thermostat | Électricien |
| Le disjoncteur du ballon retombe | Résistance ou câblage en défaut | Électricien |
| Le différentiel 30 mA saute la nuit | Résistance en défaut d'isolement | Électricien |
| Ça chauffe en marche forcée, pas en auto | Contacteur ou signal Linky | Électricien |
| Ça chauffe puis la sécurité recoupe | Thermostat ou résistance entartrée | Électricien (ou plombier pour le détartrage) |
| Fuite, goutte, groupe de sécurité qui coule | Cuve, joint, groupe de sécurité | Plombier |
| Eau tiède, ballon très ancien | Entartrage, cuve en fin de vie | Plombier |
Si vous hésitez, une règle simple : pas d'eau par terre, ce sera l'électricien ; de l'eau par terre, ce sera le plombier. Dans le doute, décrivez le symptôme au téléphone ; un professionnel honnête vous dira s'il est le bon interlocuteur avant de se déplacer.
Éviter la prochaine panne
Quelques habitudes prolongent la vie d'un chauffe-eau électrique et évitent les douches froides.
Ne laissez pas le contacteur en marche forcée en permanence. Il chauffe alors en heures pleines et les contacts s'usent plus vite. Repassez-le en Auto une fois l'eau revenue.
Faites vérifier le serrage des bornes du contacteur et du disjoncteur au bout de quelques années. Une borne desserrée chauffe, noircit et finit par couper.
Dans le Val-de-Marne, l'eau est calcaire : une résistance stéatite résiste mieux qu'une résistance blindée. Au moment du remplacement du ballon, ce choix évite beaucoup de pannes.
Si le disjoncteur du chauffe-eau ou le différentiel saute de manière répétée, n'insistez pas en réarmant chaque matin : un défaut d'isolement qui s'aggrave finit par claquer complètement, souvent en plein hiver. Un contrôle rapide de la résistance à l'ohmmètre suffit à savoir si elle est en fin de vie.
Un chauffe-eau qui ne chauffe plus est rarement une grosse panne. Dans la plupart des cas, c'est un contacteur, un thermostat ou une sécurité thermique, réparables en une seule visite. Pour un dépannage dans le 94, y compris le week-end, l'électricien intervient sur le tableau et sur les organes électriques du ballon, et vous dira franchement si le problème relève de la plomberie.