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Publié le · Mis à jour le · par l'équipe Électricien Val-de-Marne

Tableau électrique pour appartement : combien de rangées, quelles protections

Rangées, différentiels 30 mA, type A, calibres : ce que la NF C 15-100 impose pour le tableau électrique d'un appartement, du studio au cinq-pièces.

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Tableau électrique neuf 3 rangées après remplacement

« Combien de rangées faut-il pour mon appartement ? » est la question qui revient le plus souvent quand on parle de changer un tableau. La réponse dépend moins de la surface que du nombre de circuits, et la norme NF C 15-100 encadre le reste : réserve d'emplacements, nombre d'interrupteurs différentiels 30 mA, type A pour certains appareils, calibres des disjoncteurs. Cet article vous donne les ordres de grandeur et la logique de dimensionnement, pour que vous compreniez ce qu'un devis propose.

Si votre tableau actuel est à fusibles ou saturé, notre page remplacement de tableau électrique décrit comment se déroule l'intervention ; ici, on explique comment on choisit ce qu'on y met.

La taille du tableau dépend des circuits, pas des mètres carrés

Un tableau de répartition se compte en modules. Un module fait 18 mm de large ; une rangée standard en accueille 13, certains coffrets en prennent 18. Un disjoncteur divisionnaire moderne occupe un module, un interrupteur différentiel deux, un contacteur heures creuses deux, un parafoudre deux à quatre.

Le calcul commence donc par la liste des circuits. Dans un appartement, on trouve typiquement :

  • un ou plusieurs circuits d'éclairage, la norme limitant à huit points lumineux par circuit ;
  • plusieurs circuits de prises de courant, huit prises en 1,5 mm² ou douze en 2,5 mm² ;
  • un circuit réservé aux prises du plan de travail de la cuisine ;
  • les circuits spécialisés : plaques de cuisson, four, lave-linge, lave-vaisselle, sèche-linge, congélateur, chauffe-eau ;
  • les circuits de chauffage électrique, souvent un par pièce ou par groupe de radiateurs ;
  • la VMC, les volets roulants, éventuellement un portier ou une alarme.

Additionnez, ajoutez deux modules par différentiel, puis appliquez la règle de réserve : la NF C 15-100 impose au moins 20 % d'emplacements libres pour les évolutions futures. Un tableau plein le jour de la pose n'est pas conforme, et il vous bloquera à la première borne de recharge ou au premier climatiseur.

Un exemple chiffré pour un T3 de 65 m²

Prenons un trois-pièces avec chauffage électrique. Deux circuits d'éclairage, trois circuits de prises, un circuit prises cuisine, plaques, four, lave-linge, lave-vaisselle, chauffe-eau avec son contacteur, trois circuits de radiateurs, la VMC : quatorze disjoncteurs plus un contacteur et son disjoncteur de commande, soit environ dix-sept modules. Trois interrupteurs différentiels ajoutent six modules. On arrive à vingt-trois modules occupés ; avec 20 % de réserve, il faut un coffret de 39 modules, donc trois rangées de 13.

Un studio de 25 m² s'en sort avec deux rangées ; un cinq-pièces avec chauffage électrique demande quatre rangées, parfois davantage.

Combien d'interrupteurs différentiels 30 mA, et de quel type

L'interrupteur différentiel 30 mA, souvent abrégé DDR, protège les personnes : il coupe dès qu'un courant de fuite de 30 milliampères part vers la terre, par exemple à travers un corps humain. Il est obligatoire sur tous les circuits du logement, sans exception.

Le nombre minimal selon la surface

La norme fixe un plancher lié à la surface habitable :

  • jusqu'à 35 m² : deux différentiels au minimum ;
  • de 35 à 100 m² : trois différentiels ;
  • au-delà de 100 m² : quatre différentiels.

À cela s'ajoute une règle de bon sens rendue obligatoire : huit circuits au maximum derrière un même différentiel, et une répartition des circuits d'éclairage sur plusieurs différentiels. Si tout l'éclairage était sur le même DDR, un défaut sur une prise vous plongerait dans le noir complet.

Calibre 40 A ou 63 A

Le calibre d'un différentiel, 25, 40 ou 63 A, correspond au courant qu'il peut laisser passer sans s'abîmer. Il ne coupe pas en cas de surcharge : ce sont les disjoncteurs en aval qui s'en chargent. Dans un appartement en monophasé, le 40 A couvre la plupart des situations. Le 63 A s'impose quand le différentiel alimente un chauffage électrique de forte puissance, un chauffe-eau et des plaques en même temps, ou quand le disjoncteur de branchement est réglé à 60 A.

L'électricien vérifie le calibre de chaque différentiel en fonction des circuits placés derrière lui, avec la règle dite « amont-aval ».

Type AC, type A, type F : lequel où

Le type AC détecte les courants de fuite alternatifs. Le type A détecte en plus les courants continus pulsés produits par l'électronique de puissance. La NF C 15-100 exige un différentiel de type A pour le circuit des plaques de cuisson et celui du lave-linge, dont les variateurs génèrent ce genre de fuites. En pratique, on place ces deux circuits, et souvent le lave-vaisselle et le four, sur le même différentiel type A.

Le type F, dit aussi « HPI », tolère mieux les micro-coupures des appareils informatiques et des pompes à chaleur ; il n'est pas obligatoire en logement. Pour une borne de recharge, il faut un type A avec détection 6 mA en courant continu, ou un type B si la borne n'intègre pas cette protection.

Les calibres usuels des disjoncteurs, circuit par circuit

Le disjoncteur divisionnaire protège le câble contre la surcharge et le court-circuit. Son calibre est donc lié à la section du conducteur, jamais à l'appareil branché au bout. Voici les associations que fixe la norme pour un logement :

  • Éclairage : 1,5 mm², disjoncteur 10 A, le 16 A étant admis. Huit points lumineux au maximum.
  • Prises de courant : 1,5 mm² et 16 A pour huit prises, ou 2,5 mm² et 16 A ou 20 A pour douze prises.
  • Prises du plan de travail cuisine : 2,5 mm², 20 A, six prises maximum, circuit dédié.
  • Four, lave-linge, lave-vaisselle, sèche-linge, congélateur : 2,5 mm², 20 A, un circuit par appareil. La norme demande au moins trois circuits spécialisés de ce type dans la cuisine, en plus des plaques.
  • Plaques de cuisson : 6 mm², 32 A en monophasé.
  • Chauffe-eau : 2,5 mm², 20 A, avec contacteur heures creuses commandé par un disjoncteur 2 A.
  • Radiateurs : 10 A en 1,5 mm² jusqu'à 2 250 W, 16 A en 1,5 mm² jusqu'à 3 500 W, 20 A en 2,5 mm² jusqu'à 4 500 W.
  • VMC : 1,5 mm², 2 A.
  • Volets roulants : 1,5 mm², 16 A.

Tous ces disjoncteurs sont en courbe C, qui tolère l'appel de courant au démarrage des moteurs. Le montage « phase + neutre » sur un seul module est la règle aujourd'hui ; les anciens tableaux à cartouches ou à disjoncteurs deux modules prennent deux fois plus de place pour la même protection.

Ce que le tableau doit contenir en dehors des protections

Un tableau conforme, ce n'est pas seulement des disjoncteurs alignés. Plusieurs éléments comptent autant :

  • Une coupure d'urgence accessible. Le disjoncteur de branchement doit permettre de couper tout le logement. Dans les immeubles où il est en gaine palière ou dans les parties communes, un interrupteur sectionneur général dans le tableau prend ce rôle.
  • Un bornier de terre raccordé à la prise de terre de l'immeuble, avec les conducteurs de protection de chaque circuit.
  • Des peignes de répartition plutôt que des ponts en fil, pour des connexions propres et un échauffement moindre.
  • Un étiquetage de chaque départ et un schéma glissé dans le capot. C'est obligatoire, et c'est ce qui permet de couper le bon circuit en trois secondes le jour d'une panne.
  • Une hauteur correcte : manettes entre 0,90 m et 1,80 m du sol, dans l'espace technique du logement, à côté du coffret de communication.

Le parafoudre est un cas à part. En Val-de-Marne, le niveau d'exposition à la foudre ne l'impose pas dans un logement ordinaire, sauf présence d'un paratonnerre sur le bâtiment ou d'une alimentation par ligne aérienne. Il reste utile pour protéger l'électronique des appareils et n'occupe que deux à quatre modules.

Cas particuliers : petit logement, immeuble ancien, copropriété

Dans un studio, le piège classique est le tableau d'origine à une seule rangée, parfois encore à fusibles, avec un seul différentiel ou aucun. Même pour 20 m², le minimum reste deux différentiels et une réserve de 20 % : cela fait deux rangées, pas une. C'est un cas que nous rencontrons souvent comme électricien à Villejuif, où les studios et les résidences étudiantes concentrent ce type de tableau compact.

Dans un immeuble ancien, la question de la terre précède celle du tableau. Sans conducteur de protection dans les circuits, le différentiel 30 mA reste la seule barrière entre vous et une prise en défaut ; il est donc encore plus important, pas moins. Un tableau neuf posé sur une installation sans terre est une mise en sécurité, pas une mise en conformité complète, et un électricien honnête vous le dira avant la pose. Les règles applicables à un logement existant sont détaillées sur notre page mise aux normes du tableau électrique.

En copropriété enfin, le disjoncteur de branchement et le compteur Linky appartiennent au réseau public. S'ils sont dans une gaine palière, on ne les déplace pas : on tire une liaison protégée jusqu'au tableau du logement. Si le calibre du disjoncteur de branchement doit changer, c'est Enedis qui intervient, à la demande de votre fournisseur.

Remplacer le tableau ou ajouter une rangée ?

Tout dépend de ce que vous avez. Un tableau récent, avec ses différentiels 30 mA, une terre correcte et une rangée pleine : on ajoute un coffret d'extension ou on remplace le coffret par un modèle plus grand en réutilisant les protections. Un tableau à fusibles, sans différentiel, ou avec des traces de chauffe : on remplace l'ensemble, car poser un disjoncteur neuf sur un support fatigué ne règle rien.

Entre les deux, un seul différentiel pour tout le logement, ou un type AC sur les plaques et le lave-linge, justifie au minimum une reprise de la répartition.

Dans tous les cas, demandez à voir le schéma de répartition avant la pose. Un devis sérieux liste les circuits, le nombre de différentiels et leur type, le nombre de rangées et la réserve. C'est ce qui vous permet de comparer deux propositions autrement que sur le montant.

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