Publié le · Mis à jour le · par l'équipe Électricien Val-de-Marne
Norme NF C 15-100 : ce qui est obligatoire chez vous en 2026
Neuf, rénovation, existant : ce que la NF C 15-100 impose vraiment en 2026, et la différence entre mise en sécurité et mise en conformité.
La norme NF C 15-100 est la référence de toute installation électrique basse tension en France. On l'invoque à chaque devis, à chaque diagnostic, à chaque vente. Mais que rend-elle vraiment obligatoire chez vous ? La réponse dépend d'une seule chose : faites-vous des travaux ou non. Contrairement à une idée répandue, la norme ne s'applique pas rétroactivement à un logement existant. Elle s'impose au neuf et aux parties rénovées ; pour l'existant, c'est la notion de mise en sécurité qui compte.
Cet article fait le tri entre ce qui est exigé, ce qui est recommandé et ce qui relève du confort, et explique quand une mise aux normes électrique est réellement nécessaire en Val-de-Marne.
Ce qu'est la NF C 15-100, et ce qu'elle n'est pas
La NF C 15-100 est une norme technique publiée par l'AFNOR et régulièrement révisée. Elle décrit comment concevoir et réaliser une installation électrique basse tension : dimensionnement des câbles, choix des protections, nombre de points par pièce, règles dans les locaux humides, mise à la terre. Elle est rendue obligatoire par la réglementation pour les logements neufs et les rénovations complètes, et c'est elle que le Consuel vérifie avant d'autoriser la mise sous tension.
Ce qu'elle n'est pas : une loi qui obligerait chaque propriétaire à refaire son installation à chaque nouvelle version. C'est la version en vigueur à la date des travaux qui s'applique à ces travaux, et rien n'oblige à reprendre ce qui a été fait conformément aux règles de l'époque. Une installation de 1985 correctement réalisée est légale en 2026 ; elle n'est simplement plus au niveau de ce que l'on fait aujourd'hui.
Qui est concerné : neuf, rénovation, existant
Logement neuf ou rénovation totale
La norme s'applique intégralement. L'installation doit être conçue selon ses règles, et une attestation de conformité visée par le Consuel est nécessaire pour obtenir le raccordement au réseau. Sans elle, Enedis ne met pas sous tension. Cela vaut aussi pour une installation électrique de maison entièrement refaite dans un bâti existant.
Travaux partiels sur une installation existante
Seule la partie modifiée ou créée doit être conforme à la norme actuelle. Vous ajoutez un circuit pour une borne de recharge : ce circuit, sa protection et sa liaison au tableau doivent respecter la norme. Le reste de l'installation n'a pas à être repris, à condition qu'il ne soit pas dangereux et que le nouveau circuit soit correctement protégé. C'est la règle qui permet de rénover progressivement, pièce par pièce.
Logement existant sans travaux
Aucune obligation de mise en conformité. En revanche, si vous louez, le logement doit répondre aux critères de décence, qui incluent une installation électrique ne présentant pas de risque manifeste pour les occupants. Et si vous vendez ou louez un logement dont l'installation a plus de quinze ans, un diagnostic électrique est obligatoire : il informe, il n'impose pas de travaux à lui seul.
Mise en sécurité ou mise en conformité : deux niveaux à ne pas confondre
C'est la distinction la plus utile de cet article, et celle que les devis mélangent le plus souvent.
La mise en sécurité
Elle vise à éliminer les dangers graves d'une installation existante, sans la refaire. Les points contrôlés sont ceux du diagnostic électrique :
- un appareil général de commande et de protection, accessible, permettant de couper toute l'installation ;
- au moins un dispositif différentiel adapté à la prise de terre, en tête d'installation ;
- une protection contre les surintensités (disjoncteur ou fusible) sur chaque circuit, adaptée à la section des conducteurs ;
- une liaison équipotentielle et le respect des règles de volumes dans la salle de bain ;
- l'absence de matériel vétuste, inadapté à l'usage ou présentant des risques de contact direct : fils dénudés, prises cassées, dominos apparents ;
- des conducteurs correctement protégés mécaniquement, sous gaine, conduit ou plinthe.
Une mise en sécurité peut donc consister à ajouter un différentiel 30 mA, créer une terre, remplacer quelques prises et poser une liaison équipotentielle, en conservant le tableau et les circuits. C'est la réponse adaptée après un diagnostic défavorable pour une location.
La mise en conformité
Elle amène l'installation au niveau de la norme actuelle sur tous les points : nombre de prises par pièce, circuits dédiés, sections de câbles, répartition sur plusieurs différentiels, tableau avec réserve, gaine technique, réseau de communication. Elle n'est obligatoire que dans le neuf et la rénovation totale. Dans l'existant, c'est un choix de confort et de valeur du bien, pas une exigence légale. Un artisan qui vous affirme que vous êtes « obligé de tout refaire » pour un logement que vous n'allez pas rénover devrait être invité à préciser sur quel texte il s'appuie.
Les exigences concrètes de la norme dans un logement
Ce qui suit résume les points principaux, tels qu'ils s'appliquent à une installation neuve ou entièrement rénovée. Ces règles évoluent d'une révision à l'autre, et votre électricien applique celles de la date des travaux.
Le tableau et les protections
Au moins deux interrupteurs différentiels 30 mA, dont au moins un de type A pour les circuits des plaques de cuisson et du lave-linge, huit circuits maximum par différentiel, et une répartition qui évite de regrouper tout l'éclairage sous une même protection. Chaque circuit a son disjoncteur, calibré selon la section du câble : 10 A pour l'éclairage en 1,5 mm², 16 A pour les prises en 1,5 mm² ou 20 A en 2,5 mm², 20 A pour le four, le lave-linge ou le chauffe-eau, 32 A en 6 mm² pour les plaques.
Le tableau conserve une réserve d'emplacements libres, et la coupure générale est accessible entre 0,90 et 1,80 mètre du sol.
Les prises et circuits par pièce
Le séjour doit compter une prise par tranche de 4 m², avec un minimum de cinq ; une chambre, au moins trois ; la cuisine, au moins six dont quatre au-dessus du plan de travail, plus les circuits dédiés pour les gros appareils : plaques, four, lave-vaisselle, lave-linge, sèche-linge, congélateur. L'entrée, les couloirs et les toilettes ont au moins une prise. Chaque pièce doit avoir un point d'éclairage commandé, et la norme prévoit des prises de communication RJ45 dans les pièces principales.
La salle de bain
Trois volumes sont définis autour de la baignoire ou de la douche. Dans le volume 0, l'intérieur de la baignoire, et le volume 1, au-dessus jusqu'à 2,25 m, presque rien n'est autorisé. Dans le volume 2, soit 60 cm autour, seuls des appareils de classe II ou protégés contre les projections sont admis. Prises et interrupteurs classiques sont hors volume. Tous les éléments métalliques, canalisations, huisseries, corps de chauffe, sont reliés entre eux par une liaison équipotentielle supplémentaire, et le circuit est protégé par un différentiel 30 mA.
La terre
Une prise de terre de résistance suffisante, un conducteur de terre jusqu'au tableau, et une distribution du conducteur de protection vert-jaune vers toutes les prises et tous les points d'éclairage. Sans terre, aucun différentiel ne fonctionne correctement. C'est le point le plus souvent absent dans les logements des années 60 et antérieurs.
La gaine technique et la communication
La norme impose un espace technique du logement regroupant le tableau, le coffret de communication et les arrivées des réseaux, avec un cheminement réservé. C'est ce qui rend possible, plus tard, l'ajout d'un circuit sans tout percer.
Vente, location, diagnostic : ce que l'on vous demande vraiment
Le diagnostic électrique obligatoire, réalisé par un diagnostiqueur certifié, porte sur les six points de sécurité cités plus haut, pas sur la conformité complète. Un logement peut avoir seulement trois prises dans le séjour et un diagnostic sans anomalie ; à l'inverse, un logement rénové il y a dix ans peut présenter une anomalie si son différentiel ne déclenche plus.
Pour une vente, le diagnostic informe l'acheteur, qui achète en connaissance de cause. Pour une location, un diagnostic avec anomalies expose le bailleur au regard des critères de décence, et il est prudent de corriger avant la signature du bail. Dans les deux cas, le diagnostic est un bon point de départ pour établir un devis de mise en sécurité ciblé, qui ne traite que les points relevés.
C'est un cas que l'on rencontre souvent dans les appartements anciens de Maisons-Alfort : la salle de bain sans liaison équipotentielle, la cuisine sans circuit dédié pour le four, et un seul différentiel pour tout le logement.
Par où commencer chez vous
Trois questions suffisent pour situer votre installation. Avez-vous au moins un interrupteur différentiel 30 mA qui déclenche quand vous appuyez sur son bouton test ? Vos prises ont-elles une broche de terre, et un testeur de prise confirme-t-il que la terre est présente ? Votre salle de bain a-t-elle une liaison équipotentielle visible sur les canalisations ? Trois oui : vous êtes en sécurité, et une mise en conformité complète relève du confort.
Un ou plusieurs non : une mise en sécurité s'impose, avant tout parce que c'est votre protection, et accessoirement parce qu'elle sera exigée le jour où vous louerez ou vendrez.
Un électricien peut établir ce bilan sur place, en une visite, et chiffrer les seuls points nécessaires. Le devis est gratuit, et il distingue clairement ce qui relève de la sécurité obligatoire de ce qui relève de l'amélioration. Pour une rénovation électrique d'appartement plus complète, la même visite permet d'estimer l'ampleur du travail et de le planifier par étapes.