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Publié le · Mis à jour le · par l'équipe Électricien Val-de-Marne

Mise à la terre : comment savoir si votre logement en a une

Broche sur les prises, fil vert-jaune, barrette de coupure : comment vérifier que votre logement est relié à la terre, et quoi faire s'il ne l'est pas.

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Installation électrique ancienne avec disjoncteur Gardy

« Il y a une broche sur mes prises, donc j'ai la terre. » C'est la phrase que l'on entend le plus souvent, et elle est fausse une fois sur deux. Une prise à broche peut n'être reliée à rien, et une installation peut avoir un fil vert-jaune partout sans qu'il aboutisse à une prise de terre digne de ce nom. Pourtant, la mise à la terre est ce qui fait la différence entre un appareil défectueux qui fait disjoncter et un appareil défectueux qui électrocute.

Cet article vous donne les vérifications à votre portée, explique ce que mesure un électricien, et détaille les solutions quand la terre est absente. Si c'est le cas chez vous, notre page sur la mise aux normes électrique décrit comment on la crée.

À quoi sert la terre, et pourquoi le différentiel seul ne suffit pas

Un appareil à carcasse métallique (lave-linge, four, chauffe-eau, réfrigérateur) peut, à cause d'un défaut d'isolement, se retrouver avec sa carcasse sous tension. Sans terre, rien ne se passe tant que personne ne le touche. La personne qui pose la main dessus devient le chemin du courant vers le sol.

Avec une mise à la terre correcte, la carcasse est reliée en permanence à la terre par le conducteur vert-jaune. Dès que le défaut apparaît, un courant s'écoule vers la terre, le disjoncteur différentiel 30 mA détecte cette fuite et coupe en quelques millisecondes, avant que quiconque ne soit touché.

C'est là que se joue le malentendu fréquent : « j'ai un différentiel, donc je suis protégé ». Un différentiel 30 mA sans terre déclenche aussi, mais seulement quand le courant de défaut trouve un chemin, c'est-à-dire quand quelqu'un touche l'appareil. Il limite la durée du choc, ce qui est déjà précieux, mais il ne l'évite pas. La terre et le différentiel travaillent ensemble ; l'un sans l'autre n'offre qu'une demi-protection.

Les vérifications que vous pouvez faire vous-même

Regarder derrière une prise

Coupez le disjoncteur du circuit concerné au tableau, vérifiez que la prise est hors tension avec une lampe ou un testeur, puis démontez-la. Vous devez trouver trois conducteurs : un bleu (neutre), un rouge, marron ou noir (phase) et un vert-jaune raccordé à la borne de terre de la prise. Si le vert-jaune est absent, coupé court, ou présent mais non raccordé, la prise n'a pas de terre, quelle que soit sa broche.

Refaites l'opération sur deux ou trois prises dans des pièces différentes : dans les logements rénovés par étapes, la cuisine peut avoir la terre et les chambres non.

Trouver la barrette de coupure

C'est une petite barrette métallique, souvent verte ou dans un boîtier, située près du tableau, dans le placard du compteur ou en cave. Le conducteur de terre principal y arrive d'un côté, depuis le piquet ou la boucle enterrée, et repart de l'autre vers le tableau. Sa présence est un bon signe. Si vous trouvez au tableau une borne de terre avec des fils vert-jaune qui n'aboutissent nulle part, ou un vert-jaune simplement vissé sur une canalisation d'eau, la terre n'est pas conforme.

En immeuble : la colonne de terre

Dans un immeuble collectif, la terre de chaque appartement est en principe reliée à une colonne de terre qui court dans la gaine technique, à côté de la colonne montante électrique. Regardez si un conducteur vert-jaune part de votre tableau vers le palier ou la gaine. Dans les immeubles anciens de Maisons-Alfort, de Vincennes ou d'Alfortville, cette colonne n'existe souvent pas : chaque appartement rénové s'est débrouillé, parfois bien, parfois pas.

Utiliser un testeur de prise

Ces petits boîtiers à trois voyants que l'on branche dans une prise donnent une indication en quelques secondes. Ils détectent si un conducteur est raccordé à la borne de terre et s'il présente une continuité vers le neutre. Ils ont deux limites sérieuses : ils ne mesurent pas la valeur de la prise de terre, et ils affichent un résultat correct si quelqu'un a relié la borne de terre au neutre, ce qui est un bricolage dangereux et malheureusement courant. Prenez le résultat comme un premier indice, jamais comme une preuve.

Relire le diagnostic

Si vous avez acheté ou loué le logement récemment et que l'installation avait plus de quinze ans, le dossier contient un diagnostic électrique. La rubrique consacrée à la prise de terre et au différentiel dit clairement si la terre existe, si elle est raccordée aux prises et si sa valeur est acceptable.

Ce que mesure l'électricien

Les vérifications visuelles disent si la terre est raccordée. Elles ne disent pas si elle fonctionne. Une prise de terre efficace doit présenter une résistance suffisamment faible pour laisser passer le courant de défaut : la norme retient une valeur maximale de 100 ohms dans les installations protégées par un différentiel 30 mA. Un vieux piquet oxydé peut afficher 500 ou 1 000 ohms et ne plus servir à rien.

Pour le savoir, l'électricien utilise deux méthodes :

  • la mesure par telluromètre, avec des piquets auxiliaires plantés dans le sol, la plus précise, possible surtout en pavillon ;
  • la mesure de boucle de défaut, réalisée depuis une prise avec un contrôleur d'installation, qui donne l'impédance totale du chemin du courant de défaut et convient aux appartements.

Il vérifie ensuite la continuité du conducteur de protection entre chaque prise et la barrette, teste le déclenchement du différentiel au courant et au temps prévus, et contrôle la liaison équipotentielle de la salle de bain, qui relie entre eux les tuyaux, la baignoire métallique et les huisseries.

Ces mesures prennent une heure environ et concluent sans ambiguïté. Elles sont aussi ce que l'on fait en premier lors d'une rénovation électrique d'appartement, avant de décider de l'ampleur des travaux.

Les cas que l'on rencontre le plus en Val-de-Marne

Le piquet fantôme du pavillon. Une barrette, un fil vert-jaune qui descend dans le sol, et au bout, un piquet posé dans les années 1970 qui a rouillé. La terre existe sur le papier, sa valeur est mauvaise. Il faut planter un ou plusieurs piquets neufs, parfois en boucle, et refaire la liaison.

La terre sur la canalisation d'eau. Longtemps tolérée, cette pratique est interdite depuis que les réseaux d'eau intègrent des tronçons en plastique. La continuité vers le sol n'est plus garantie. Le fil doit être raccordé à une vraie prise de terre.

L'immeuble sans colonne de terre. Fréquent dans les immeubles d'avant 1960. Certains appartements ont fait descendre leur propre conducteur jusqu'en cave, d'autres ont laissé les fils vert-jaune en attente. Notre électricien à Maisons-Alfort rencontre régulièrement ce cas dans les immeubles en brique des années 1930.

Le neutre relié à la terre. Quelqu'un a mis un pont entre la borne de neutre et la borne de terre dans une prise ou au tableau pour « faire passer » un testeur ou un appareil capricieux. Le testeur affiche tout en vert, et la carcasse de vos appareils peut se retrouver sous tension au premier défaut sur le neutre. C'est l'une des premières choses à défaire.

La rénovation partielle. La cuisine et la salle de bain ont été refaites avec terre, le reste du logement conserve des prises à deux fils. Ce n'est pas une anomalie grave en soi, mais chaque appareil à carcasse métallique branché dans une pièce ancienne reste sans protection.

Pas de terre : les solutions selon votre logement

En pavillon

La solution est directe : un ou plusieurs piquets de terre en acier cuivré enfoncés dans le sol, à distance des fondations, reliés à une barrette de coupure puis au tableau. Si vous entreprenez des travaux de terrassement, une boucle à fond de fouille en cuivre nu, noyée dans le béton de fondation, donne une valeur excellente et durable. On complète par la liaison équipotentielle en salle de bain et le raccordement des masses métalliques (chaudière, huisseries métalliques, tuyaux).

En appartement avec colonne de terre

Il suffit de raccorder le tableau à la colonne, puis de vérifier que chaque circuit dispose bien d'un conducteur de protection jusqu'aux prises. Dans les logements anciens, cela signifie souvent retirer un câble neuf à trois conducteurs dans les circuits qui n'en ont que deux.

En appartement sans colonne de terre

Trois voies existent. La première, la meilleure, est de faire voter en assemblée générale la création d'une colonne de terre collective, avec raccordement de chaque lot. La seconde consiste à tirer un conducteur de terre individuel depuis votre appartement jusqu'à une prise de terre créée en cave ou en pied d'immeuble, ce qui suppose l'accord du syndic pour traverser les parties communes. La troisième, en attendant, est une mise en sécurité : un interrupteur différentiel 30 mA en tête de chaque groupe de circuits, qui limite la durée d'un choc électrique sans le supprimer.

C'est ce que recommande la norme comme mesure compensatoire quand la terre est réellement impossible, et c'est ce qu'exige un diagnostic avant location.

Ce qu'il ne faut surtout pas faire

  • Relier la borne de terre au neutre, dans une prise ou au tableau.
  • Raccorder la terre sur une canalisation d'eau ou de gaz.
  • Laisser des fils vert-jaune en attente, non raccordés, en pensant qu'ils ne gênent pas : un jour quelqu'un croira qu'ils sont actifs.
  • Poser des prises à broche de terre sur un circuit à deux fils sans le signaler : c'est trompeur pour le prochain occupant.
  • Se fier au seul testeur de prise pour conclure.

La mise à la terre n'est pas un détail de norme : c'est la protection de base contre l'électrocution par un appareil défectueux. Une heure de mesures suffit à savoir où vous en êtes, et la plupart des situations ont une solution, y compris en immeuble ancien.

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